
Symphonie familiale d’une discrète mais très sûre virtuosité, Yi Yi figure également dans le panthéon des films qui auront su rendre une dimension sentimentale à la ville contemporaine en apparence confite dans la froideur et l'anonymat.
Comment signifier la porosité entre l’intime et l’universel ? Entre la chambre, la société et le monde ? Edward Yang propose ce motif de la « chambre suspendue » qui revient continuellement dans le cours du film. Pour parler de l’intime, on se situe toujours dans le mouvement de la ville. Le regard est extérieur tout en visant une transparence, mais d’une incroyable pudeur, vers l’intimité.

Dans cette séquence...

Dans cette autre séquence....



Que nos sentiments les plus intimes, que notre subjectivité la plus sensible s’accordent aux nuées de la ville, ce n’est pas la moindre des élégances du cinéma de Yang. Un cinéma dont il me reste beaucoup à découvrir. N’ayant toujours pas réussi à voir A brighter summer day (1991) (à cause, entre autres, d’un orage survenu quelques instants avant le début de la séance du cinéma en plein air de La Villette où il était programmé), ni les nombreux titres jamais sortis en France, j’imagine déjà les grandes réserves de plaisir qui m’attendent.
Un autre hommage doucement chagriné: là
4 commentaires:
Triste nouvelle.
Effectivement, une bien triste nouvelle. "Yi-yi" est sans doute l'un des plus beaux films que j'aie vu depuis 15 ans! Votre texte est très beau...
Merci de ces compliments.
Je n'aime pas trop "rendre hommage", encore moins annoncer les mauvaises nouvelles... mais si la disparition de Yang nous touche tellement, c'est qu'il semblait avoir tellement de beaux films devant lui. La consolation viendra avec la découverte de ses autres films qui finiront bien par passer devant mes yeux, one day, one brighter summer day....
Juste bravo pour ton texte.
Yi-Yi est juste mon film préféré.
Tom.
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