Affichage des articles dont le libellé est Cinéma fantastique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinéma fantastique. Afficher tous les articles

vendredi 27 novembre 2009

Puisque ces mystères nous dépassent...

Je sais bien qu'il n'y a pas plus tarte-à-la-crème critique que la "youtubisation du monde et du cinéma" et "l'effet de sidération devant ces images". Il n'empêche que je ne résiste pas à ces petits (et anodins) parallèles entre titres SF et captations de phénomènes pourtant tout ce qu'il y a de plus naturel.

***



Une météorite passe à 90 kilomètres de la Terre. Suivant le principe inverse du flash autoroutier, cet excès de vitesse dérègle tous les gros pixels des caméras de surveillance. (Afrique du Sud, 21 novembre 2009)


***



Un nuage-méduse flotte au dessus de la ville. Un trou dans le ciel, à travers lequel établir les premières rencontres du troisième type ? (Moscou, 6 octobre 2009 vidéo via...)


***



La tempête de sable australe déborde. Ne résistant pas à reprendre sa part de désert, la capitale se transforme immédiatement en planète rouge. (Sydney, 23 septembre 2009)

mercredi 9 avril 2008

Les nouveaux monstres (1)

Alors qu'avec Armel, nous essayons ensemble d'écrire un scénario, il me montre, durant une séance de travail, sa collection de "Skype monsters", captures d'écran des ratés de webcam qui génèrent de nouveaux portraits instantanés et diffractés:

On peut déjà se demander si le "pixellisme" ne rejoint pas le cubisme (au-dessus "Skype Monster", en-dessous Portait d'Ambroise Vollard - Pablo Picasso 1909).


On peut surtout se demander si cette technique n'est pas un bon moyen pour repérer les créatures d'un autre monde...

... reconnaissables à leurs yeux brillants comme dans ce classique de la SF :



Le village des damnés (Wolf Rilla 1960)


Et en flânant à la recherche d'images de ce classique, je tombe sur cet autre saisissant portrait, issu lui aussi d'une dégradation de l'image (mais volontaire, puisqu'il s'agit d'un fondu) :

... portrait qui (sans que j'ai vu le film) me bouleverse parce qu'il semble dire, au-delà du contexte narratif, l'angoisse de l'enfermement, l'inquiétude du vieillissement et l'étrange réification de certains visages quand on se met à les regarder longtemps.

dimanche 6 avril 2008

He was a legend

Pas mon genre de "rendre hommage" (affront: rester muet pour Bergman) ou de saluer "l'une des dernières légendes d'Hollywood", acteur que j'avais pourtant déjà oublié, mais dans mes flâneries youtubesques du jour, trouvé cette séquence où l'on peut noter une certaine résonance avec le post précédent (les villes désertes, ça marche toujours sur moi) :


The omega man (Boris Sagal 1971)


Et c'est d'ailleurs, dans cette prime adaptation de Je suis une légende que l'on trouve également ce moment quasi situationniste non seulement parce que si le film est vu dans une salle, il paraît jouer la mise en abyme du moment de la projection...



... mais aussi parce qu'il manifeste le face-à-face entre la collectivité de l'Amérique hippie (déjà si loin, si proche, seulement deux ans après Woodstock) et le champion de l'Amérique de Nixon. Comme si cette dernière savait au fond qu'elle avait déjà gagné et que les utopies étaient désormais enfouies, un simple souvenir ou pire un fantasme pour le cinéma. Souvenir d'un acteur qui restera par ses duels (et pas toujours du côté le plus défendable) : la course de chars de Ben Hur (William Wyler 1959), le face-à-face Vargas / Quinlan de La soif du mal (Orson Welles 1958) et la confrontation avec Michael Moore (Bowling for Columbine 2002).


Et cette séquence dans le cinéma désert m'a fait revenir en mémoire l'une des plus mémorables séances "d'images projetées" vues au cours d'un long-métrage, séquence animée par une autre légende du cinéma, toujours active et fureteuse elle: le grand Michel.



Dillinger est mort (Marco Ferreri 1969)

Et que fait un spectateur quand il n'y a plus rien à voir ? Il passe derrière l'écran, pardi, et devient lui-même l'image projetée, un nouveau film (comme dans la première minute de cet extrait) :


samedi 2 février 2008

Positif / Négatif , Pub / Non-pub

Entre la Porte de Pantin et la Porte de la Villette, sur les Grands Moulins de Pantin en chantier, la plus grande pub invisible d’Europe…

… un datamatrix, code barres en pixels noir et blanc cachant un lien web (et donc textes, pub et vidéos afférentes) que l’on peut activer via l’appareil photo du téléphone portable. Belle convergence technologique qui permet à la pub et au marketing de se targuer d’un nouvel oxymoron dont ils sont friands : marquer une présence imposante dans le paysage tout en se prévalant d’une plus grande discrétion visuelle. Quelle belle victoire que d’intégrer, au cœur même de sa stratégie, sa propre contestation, voire sa propre négation !

Ce triomphe de la pub invisible, c’est un peu le négatif de They Live - Invasion Los Angeles (John Carpenter 1988), dans lequel le héros John Nada (un nom pareil, ça ne s'invente pas) découvrait, par l’entremise d’une paire de lunettes, non seulement le vrai visage des yuppies reaganiens (les envahisseurs, ce sont eux !)….

…. mais surtout la quantité de propagande subliminale cachée dans le paysage commercial d’aujourd’hui.

Etrangement, cette mise à nu du paysage publicitaire trouve un autre négatif dans les photomontages d’Alain Bublex ... (ci-dessous Le Plan Voisin de Paris : V2 Circulaire Secteur 6)... ... qui mixent dess(e)ins inspirés d'architectes (Le Corbusier, Archigram, Rem Koolhaas) travailés par « l'utopie » - ça dépend pour qui -et trop-plein de marques. Impression étrange face à cet urbanisme effrayant, mais auquel on a fini par s’habituer, voire à y trouver un certain charme : une sorte de cauchemar pimpant. Mais comme chez Carpenter, l'étrange naît d'une science-fiction très prosaïque.

Pour en revenir au film de Carpenter, amusant aussi de voir comment ce film finalement pas si connu que ça a directement inspiré des actions militantes anti-pub en 2005.

Il est vrai que le gigantisme même de certains messages... ... paraissait nous sommer de ne pas nous laisser faire (publicité sur un immeuble, Porte de Pantin, fin 2005).

Surtout incroyable de s’apercevoir après un petit tour sur le Net que finalement les carpenteriennes lunettes « magiques » existent bien ...
...enfin presque.

Bon, pour écrire ce billet, je me suis largement inspiré de ce que j'ai lu ici sur un blog dont j’ai fréquenté un moment l’auteur, mais dont je n’ai pas eu de nouvelles depuis bien sept ou huit ans. Si par blogs interposés, on se reconnecte en virtuel ou en réel…