samedi 5 janvier 2008

En 2008, faut que ça danse (1)

En écho auto référentiel à un lointain billet du début de ce blog, puis parce que ce blogueur me l’a remis en mémoire, voilà pour encore se donner du courage en ce début d’année, la plus belle séquence de danse au cinéma de tous les temps. En tout cas, une que je suis capable de regarder 348 fois de suite sans m’en lasser.

Simple Men (Hal Hartley 1992)

A ceux qui pensent que cette scène, c’est du copiage godardien, je répondrais que si Hartley avait vraiment voulu faire du Godard, il aurait remplacé sa toute première réplique : « I can’t stand the quiet » (pourtant impeccable avant la tornade Sonic Youth) par « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie », ce qui revient à peu près au même, mais pas tout à fait.

8 commentaires:

EdSissi a dit…

La façon dont Elina Lowensohn prend la cigarette...
Le croisement des deux petits groupes...
Le regard que lance Martin Donovan, tout en continuant à danser, sur le couple qui se frôle...

'33 a dit…

Cette vidéo est inouie ! Je ne connaissais pas le film et seulement le nom d'hal hartley, qui du coup entre en force dans ma to watch list.
Merci pour tous ces billets passionnants sur la danse, effectivement la plus belle chose que l'on puisse fixer sur une pellicule (d'où les 3 premiers de mon top11 meilleures scènes 2007 ;)).

'33 a dit…

Si vous aimez les scènes de danse, ne ratez pas Cap Nord de Sandrine Rinaldi (une ancienne de feu La lettre du cinéma), moyen-métrage entrevu à Belfort cette année et qui devrait sortir sur quelques écrans en 2008. Le dispositif déployé est très proche de celui de Mods, la soul se substituant ici au garage rock. C'est un peu moins réussi que Mods (moins surprenant, aussi) mais toutefois très beau et émouvant (et parfois drôle), au moins pour 2 ou 3 scènes de danse et la toute fin.

Klari a dit…

l'association de cette choré bon enfant et de la musique angoissante de sonic youth est fabuleuse.
bon, un de plus sur ma très longue liste de films à voir...

Une nouvelle lectrice, fan de sy qui plus est.

'33 a dit…

puis que 339 fois...

Hervé a dit…

Bonjour, je tombe pour la première fois su votre blog. Félicitations.

Pour apporter ma petite graine sans mulet alors:
De Godard en Hartley, de Hartley en Mods... Pourquoi pas. Mais j'ai eu la chance de voir Cap Nord à Belfort, que j'ai adoré, et je ne vois vraiment aucun rapport avec le Bozon. Une même revue ne fait pas forcément les mêmes cinéastes (voyez les cinéastes de la Nouvelle Vague...). Par contre j'ai vu à quel point Entracte le court métrage très à la mode et grand prix à Belfort copiait Eustache et Mods. Je trouve que Cap Nord est vraiment nimbé, au petit jeu des références, de l'univers de Vincente Minnelli, ça oui. La lente dérive sans narration en filet entre rêve et réalité, vie rêvée et danses concrètes, etc. Et puis le Bozon avait une frontalité... hartleyienne, à laquelle Rinaldi préfère le pas chassé, filmant de biais, les profils de médaille, les corps et les visages de beaucoup plus loin ou de beaucoup plus près, plus caressante, raccords dans l'axe très beaux, Bozon c'est plus au cordeau, plus plan moyen, plus par saccades. Rinaldi est plus du côté de la comédie musicale hollywoodienne, Bozon plus du côté d'un Ford (il ne cesse d'ailleurs de le répéter). C'est même ça qui m'a épaté, que les films n'aient rien à voir, sinon une musique issue de la même époque. En tout cas ce sont deux grands espoirs à mon avis du jeune cinéma français. Ça change un peu, non? Personnellement je désteste les films d'Honoré, voyez. Là ça propose enfin autre chose, et dans une toute petite économie, Rinaldi et Bozon font mieux que les gros du CNC. Ça a d'ailleurs je me dis peut-être un rapport.
A vous.

Laurent a dit…

mmmmmm, grosse bouffée de nostalgie sur ce film vu à la sortie.
On "stalkait" Hartley jusqu'à sa dégringolade. Je recommande "Trust me" avec le même Donovan (danseur de gauche :))
Que du bon, merci pour la piqure de rappel.

KOOL THING !!!

Joachim a dit…

Ravi de voir que la communauté de ceux qui ont vécu (ou prolongé ?) leur post adolescence guidée par la lumière d'Hal Hartley est toujours aussi prompte à réagir. Et n'oublie pas ce réalisateur comète, signataire de quelques fulgurances des 90's et disparu corps et biens à l'aube du nouveau millénaire. Mais c'est un beau destin que celui de météore.

Laurent, effectivement, il suffit d'un peu de subjectivité, de souvenirs, de nostalgie pour transformer la "Kool Thing" en "Cool Thing".

Sinon, ce n'est pas la première fois que j'entends parler de "Cap Nord" qui a l'air de mieux s'annoncer que "Mystification" qui m'avait franchement ennuyé. Je gage qu'il y a là plus de sincérité et une inspiration neuve, peut-être soufflée par la musique.

Hervé, merci pour votre contribution. Il se trouve que j'aime sans doute autant "Mods" qu'"Entracte". Je vois bien ce que vous dites sur l'inspiration possible du second par le premier, mais le CM de Yann Gonzalez me semble faire preuve d'une frontalité encore plus franche (en tout cas qui recherche plus nettement l'émotion) que le Bozon volontairement abrité derrière sa part conceptuelle. Finalement, si j'aime le film de Bozon, c'est parce qu'il se laisse parasiter par les danses et les musiques. Pour "Entracte", j'ai plutôt pensé à Godard, avec cette façon de présenter des personnages conscients de leur statut de "figures de cinéma", sachant en jouer tout en produisant une réelle émotion chez le spectateur.
Quant aux références à Ford et à Minnelli, je vois vaguement ce que vous voulez dire, mais je ne sais pas si elles sont adéquates tant les films de Bozon et Rinaldi me semblent qd même éloignés du mode de production hollywoodien d'il y a, au moins 40 ans. Laissons-les plutôt imposer leur propre signature, plutôt que de les accabler de références. En même temps, c'est vrai que ça peut être intéressant de regarder les cinéastes qui (en référence ou non à Ford) ont travaillé réellement la figure de la frontalité (Godard, Bergman, Pasolini, Kitano...). Ils ne me paraissent pas si nombreux.