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vendredi 8 janvier 2010

Sortir du désert...





... et voir le rayon vert.

C'est sans doute mieux de voir la confrontation Gerry (Gus van Sant 2002) / Le rayon vert (Eric Rohmer 1986) en mouvement. Je vous invite donc à cliquer , pour apprécier autrement ce travelling infini, mais étonnamment immobile et méditatif, mon rayon vert de spectateur durant cette décennie.

samedi 11 octobre 2008

Amours


Pour dessiner l'amour, il faut être deux...

Mais deux fois le même ?
Ou plutôt deux qui ne font qu'un ?
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Pour dessiner l'amour, il faut se perdre dans la pelote de sensations contradictoires qui nous assaillent au moment de la première fois, quand on est sans repère face à l'amour...



Pour dessiner l'amour, il faut chercher, chercher, tester toutes les combinaisons...

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... avant de trouver les beaux accords...

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Elles ont à voir avec le dessin et la musique, les scènes d'amour dont je me souviens vraiment dans le cinéma récent. Avec le dessin pour leur quête du trait juste pour représenter les profils des corps et des visages. Avec la musique pour leur sens du tempo et le discret lyrisme qui les habite.

Dessiner l'amour, c'est aussi savoir explorer, comme chacun de ces extraits, trois accords sentimentaux : l'initiation, l'imbrication et la fusion.
L'amour, un moteur à trois temps ? 

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Figure 1: Big Fish (Tim Burton 2004)
Figure 2: En chair et en os (Pedro Almodovar 1997)
Figure 3 : Paranoid Park (Gus van Sant 2007)
Figures 4 et 5 : My own private Idaho (Gus van Sant 1991)

vendredi 5 septembre 2008

Rock'n roll cliché

« You’re a rock’n roll cliché »…
Quand Kim Gordon balance cette sentence définitive à Blake-Cobain dans Last Days (Gus van Sant 2005) sur le ton de mère de famille qui demande à son ado de ranger sa chambre, c’est Sonic Youth, le « groupe de rock qui a sur devenir adulte tout en restant radical et défricheur » qui toise avec ironie tout le bataillon d’éphémères rockers gommeux qu’il a vu passer sous ses yeux depuis presque trente ans, puis disparaître et se consumer.
Control (Anton Corbijn 2007), le biopic de Ian Curtis, le leader de Joy Division, abonde aussi en rock’n roll clichés, par exemple celui-là :


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Cliché, qui là aussi joue, d’une belle ironie. Jouissance de l’imagerie (la pose rebelle attitude, la belle gueule, la démarche calée sur les guitares « quand on arrive en ville », les quatre lettres sur le blouson en clin d’œil cinéphile, le décor social) tout en le dégonflant au plan suivant. Car contrairement à tout ce que le plan suggère, Ian Curtis ne se rend pas à l’employment office pour jouer au « jeune désoeuvré à qui la société ne propose que des boulots de merde », mais simplement parce qu’il y est un sage employé.

Plaisir de célébrer le cliché tout en le prenant à contre-pied. Degré suprême de la roublardise ? Peut-être. Voyons-y plutôt l’invention d’un ton intermédiaire : le premier degré et demi, puisque le film est assez émouvant dans son humilité, dans sa façon de ne pas se placer plus haut que son sujet, d’y montrer un poil d’ironie tout en esquivant la pente facile de la dérision. Voyons-y aussi l’aveu d’un artisan de l’imagerie rock (Corbijn, c’est tout de même celui qui a modelé Depeche Mode pendant 20 ans), qui laisse entrevoir l’artifice de son art.

Et quand bien même, Control est parfois bêtement illustratif, nourri à quelques affects parfois sommaires, sa réussite tient toute entière dans ce paradoxe : tirer le portait de la rock star en Sam Suffit. Et partant, le film de dévoiler le problème du rock : ce n’est pas tant qu’il s’est embourgeoisé, c’est que même ses hérauts portaient des rêves « much more little than life ».

mardi 6 novembre 2007

Gus et Haïkus

Les films de Gus van Sant, ce sont les poètes japonais qui en parlent le mieux et ce, depuis quatre siècles.
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Paranoid Park (2007)
Celui qui tue
C’est peut-être moi
– Vol de lucioles !
MAEDA Fura (1884-1954)
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Last days (2005)
J’avance
Dans le vent d’automne
– Vers quel enfer ?

KOBAYASHI Issa (1763-1827)

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Elephant (2003)


Aux admirateurs de lune
Les nuages parfois
Offrent une pause


MATSUO Basho (1644-1694)

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Soudain la guerre
Debout
Au fond du couloir

WATANABE Hakusen (1913-1969)

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Gerry (2002)


Le mendiant –
Il porte le ciel et la terre
Pour habit d’été

TAKARAI Kikaku (1661-1707)

***


Si seul
Que je fais bouger mon ombre
Pour voir


OZAKI Hosai (1885-1926)

***

S’il y a cinq ans, j’ai été si ébloui par Gerry, c’est parce qu’il m’apparaissait comme le rare exemple d’une tabula rasa qui ne soit pas un champ de ruines, mais véritablement une terre féconde pour un nouveau départ de cinéma.

Si j’aime autant les films de Gus van Sant, c’est peut-être simplement parce qu’en n'alignant que des bribes, que des formes partielles et fragmentées, ils arrivent au contraire à procurer l'impression d'une rare amplitude.

Si j’aime autant les films de Gus van Sant, c’est peut-être simplement parce qu’ils alignent ces moments qui condensent le mystère comme l’évidence, le concret comme l’onirique, le réel comme le fantasmé, des moments où la cristallisation de l’éphémère vaut expérience du monde et de sa précarité.

Si j’aime autant les films de Gus van Sant, c’est parce que finalement, la seule chose qu’il sait faire, c’est filmer des haïkus.

lundi 21 mai 2007

The Jackpot

Privilège et relative angoisse d'être l'un des tous premiers a découvrir le nouveau film de l'un de ses cinéastes préférés. Un film dont on est absolument vierge de bandes-annonces, de critiques dejà lues, de qu'en dira-t-on.... Melange unique d'excitation et de crainte..... vite dissipée car Paranoid Park de Gus Van Sant est bien la brillante synthèse du style du grand Gus et, sans doute grace a la collaboration étroite avec Chris Doyle (le "chef op d'In the mood for love"), est-il aussi beaucoup plus que cela et ouvre de nouvelles perspectives. L'onirisme qui nait du concret, l'effet collage, la plongée dans l'imaginaire adolescent, la rêverie auditive (bande son oeuvre a part entiere), la caméra voluptueuse.... On avait deja vu (et entendu) ça dans Mala Noche, Elephant, My own private Idaho and so on.... mais ce qui fascine le plus, c est cette habileté a condenser tout cela en 1h25 sans effet de trop-plein ou de recyclage.
Dans ce "Crime, skate et chatiment", le mot important, c'est "skate". Car c'est comme ça que Gus fait son cinema: slalomant entre des jalons narratifs parcimonieux mais suffisament intenses (c'est fou tout ce qui passe dans les regards), les pieds filant juste au-dessus du réel (forte portée documentaire du film qui est en même temps un intense portrait de Portland), pour mieux décoller (la grêce constante) quitte a retomber en se faisant mal (douleur du mutisme adolescent rarement aussi bien rendue) mais c'est pas grave, on finira toujours par se relever. On attend deja impatiemment la sortie pour aller refaire un tour dans le Park de Gus.
Et puis, depuis la "retraite" de Kiarostami, quel bonheur de retrouver un cinéaste qui, comme le maître iranien, invente de telles et nouvelles propositions formelles en ayant juste l'air de filmer ce qui se passe en bas de chez lui.