
mardi 12 mai 2009
Bon alors, c'est qui...

vendredi 8 mai 2009
Tiqqun au cinéma : invisible, forcément invisible (films fantômes 3)




dimanche 3 mai 2009
Russ and Rem (films fantômes 2)
Avant de devenir l'un des architectes les plus admirés, honnis, gouroutisés (rayez les mentions inutiles) d'aujourd'hui, Rem Koolhass a eu une vie antérieure où il tâta un peu de cinéma (mais aussi du journalisme) au sein du collectif à géométrie variable « 1,2,3 etc… », qui, vu comme ça, ressemble à une bande de Beatles teintée d’esprit provo.

(Source : « Le film à l’envers, les années 60 de Rem Koolhass », article de Bart Loosma, revue Le visiteur, automne 2001), ici en anglais.
Hmmm... Tout porte à croire que ce fantasmatique Hollywood Tower s'inscrit comme le chaînon manquant entre ça :
et ça :
Soit "Flesh and Speed" (Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! Russ Meyer 1965) versus "Pixels and Speed" (Speed racer Wachowski brothers 2008)...
Soit sans doute aussi un jalon intermédiaire dans l'histoire du "bon mauvais goût" hollywoodien...
Soit enfin que c'est dans les vieux fonds de la potacherie, de la série Z, du fétichisme bis que viennent parfois se nicher les intuitions géniales et prophétiques sur le devenir du cinéma. Ils ne devaient pas être nombreux, en 1974, ceux qui prophétisaient l'avènement du virtuel et plus encore, que ce virtuel-là ne serait pas tout à fait synonyme de désincarnation, qu'il n'empêcherait pas l'expressivité des corps et l'interrogation sur ceux-ci. Ainsi, ambiguïté et inversion sexuelles ne cessent de planer sur le cinéma des Wachowski...
Et puis derniers points communs entre Russ et Rem: deux mégalomanes, deux offenses à la mesure et au bon goût, deux gourous, deux miroirs de la vulgarité et puisque Rem voyait en Russ, non seulement le cinéaste total mais carrément le dernier exemple d'humanité, deux qui peuvent ostensiblement proclamer, chacun dans leur domaine : "I am a legend"...
mercredi 29 avril 2009
Confusion, l'utopie Tati (films fantômes 1)
Etant entendu que les meilleurs films n'existent que dans la tête du spectateur, début d'une (mini) série sur quelques films fantômes, invisibles, inachevés mais porteurs évidemment des promesses les plus fantasmatiques.
Aujourd’hui, que vous ruminiez dans une file d’attente à la Poste ou que vous ayez huit heures de long courrier à occuper, que vous le vouliez ou non, on vous colle des images animées sous les yeux, un accompagnement audiovisuel comme palliatif à la perte de temps. C’est, entre autres, ce que prophétisait Confusion : le flot d’images et de sons pour assaisonner les temps morts, l’image, n’importe quelle image comme mastication visuelle, boule anti-stress oculaire. Rien de dire que cet ultime opus tatiesque gagnait sur ces chapitres (concordance des flux des images, accompagnement audiovisuel permanent, champ oculaire ayant horreur du vide) sa dimension prophétique. Dimension prophétique renforcée, sur le plan formel, par le mixte cinéma-vidéo (comme tiens, tiens, le Godard 70’s) et sa volonté d’aller chercher aussi bien l’esthétique (comme tiens, tiens, Nam June Paik) que son propos comique dans les dérèglements de l’outil vidéo: distorsions et quiproquos visuels basés sur les couleurs (comme une hilarante partie de foot où les 22 joueurs se retrouvent tous munis d’un maillot identique bicolore et biface). Si Tati est si économe en dialogues et fuit le mot d’auteur, c’est sans doute parce que chez lui (et plus particulièrement dans ce dernier projet), les jeux d’images fonctionnement encore mieux que les jeux de mots.

Déjà, Playtime stigmatisait un devenir télévisuel de la cité...

... quand Nam June Paik prévoyait l'avènement d'un homo televisanus.
Et de fait, Confusion exploite tous les sens et sous-entendus de son titre : mise en abyme (entre autres dérèglements, celui du tournage d’un film d’époque combinant méprises spatiale et temporelle), duplication, substitution entre l’original et la copie (autre hilarante visite de la capitale en car où à l’approche de chaque monument, le véhicule plonge dans un tunnel, contraignant les touristes à ne voir des fleurons architecturaux que des images vidéo sur le moniteur du bus) ... Et au-delà, un dynamitage en douce de la pyramide sociale (d’autant plus subversif qu’involontaire), une remise à plat nécessaire (pas si éloigné du « pas de côté » prôné par l’An 01 de Gébé), des élans libertaires qui toujours préfèreront la fusion douce (des corps et des désirs) à la fusion conne (des conglomérats et des entreprises). Derrière l’ivresse du dérèglement pointe l’ailleurs de l’utopie.

Une petite séance de casting pour le film ? (voir ici)
Face à un tel défi posé aux conditions même de la fabrication d’un film, quelle part de vie reste-t-il aujourd’hui d’un tel projet, plus de 25 ans après la disparition de son démiurge ? C’est sans doute le défi que s’est lancé Bruno Podalydés en proposant la lecture de Confusion, il y a une dizaine de jours à la Cinémathèque. Lire un scénario, c’est déjà concrétiser un fragment du projet du cinéaste. Si les lectures de scénarios deviennent de bons moyens de faire émerger des projets de débutants (notamment au festival d’Angers), le défi n’est-il pas autre chez Tati ? Comment restituer des tableaux plans larges foisonnants composés de multiples couches visuelles que l’on imagine composé avec un soin extrême ? Comment restituer un gag discret à l’arrière du plan qui fait mouche en moins d’une seconde et qui aurait besoin d’une demi page pour être décrit dans sa précision ? Un début de solution tient dans l’adjectif accolée à « lecture » : « bruitée ». Car chez Tati, heureusement que les sons sont là comme premiers repères, contrebalançant souvent, par leur précision cristalline, l’immensité de l’image. La partition sonore de Confusion apparaît comme référent à partir duquel se met en place l’espace du film. Si le film a (partiellement) existé dans la tête des spectateurs de cette lecture, c’est principalement grâce à cette trame sonore, suffisamment forte pour pallier le manque d’images. Bande sonore, qui même restituée de manière artisanale (entièrement doublée à la bouche, ce qui exige une certaine virtuosité de variations pour tous les bruits mécaniques), révèle sa densité propre à infuser les micro happenings agrémentés par Podalydés durant la lecture. Quelque part, tout cela m’a rappelé, sur un registre moins savant, les travaux musicaux de Georges Aperghis à la conjonction de la variation vocale et de la musique contemporaine électronique la plus sophistiquée.
mardi 21 avril 2009
Complexes immobiliers

jeudi 16 avril 2009
Golden eighties

En commentaire de cette note, je me demandais perfidement, si face à la profusion des titres enthousiasmants produits par le cinéma français durant les années 70 (que l’on peut, qui plus est, élargir durant cette période à de glorieux expatriés comme Bunuel ou Marco Ferreri), j’arriverais à trouver, ne serait-ce que 10 titres pour la décennie suivante.
Il est vrai que quand je pense à ces « si loin si proches » années 80, je pense d’abord à :
- Aux tenants d’un romanesque quelque peu assagi et sur-psychologisé (Téchiné, Doillon, Claude Miller, Deville, Assayas) qui, malgré leurs qualités, ont du mal à faire le poids face à la puissance d’Eustache, par exemple et, c’est un comble, paraissent aujourd’hui avoir davantage vieilli que certains emblèmes de la décennie précédente.
- A l’émergence de l’esthétique honnie bessoneixienne. Pourtant, je peux reconnaître de belles choses dans Le dernier combat, Diva ou 37,2 mais de là à leur faire l’honneur d’un top ! Face à cela, je sauve aussi en partie (même si mes souvenirs sont très vagues) la singularité des grognements dans la brume de La guerre du feu (cet esthétisme brouillardeux, c’est Antonioni qui se met à la pub ?).
- Parallèlement, aux espoirs déçus de débutants qui avaient fait grand bruit en leur temps (Rochant, Virginie Thévenet, Christian Vincent) mais qui se sont révélés pétris d’une approche bien conventionnelle du cinéma. Certes, Claire Denis pointe le bout de son nez en 1988 avec Chocolat mais le souvenir d’un premier opus plutôt timide.
- A une certaine atonie des expériences singulières, des « films INA » (entre autres), des « films qu’on ne pourrait plus produire aujourd’hui », en somme un contexte ou un état d’esprit qui permettait à Duras, Pérec ou Debord de se saisir d’une caméra, ou à Moullet ou à Pollet de s’aventurer vers des formes hybrides (essais, films à la première personne).
- A mon regret (ou manque de curiosité) de ne pas trop m'être orienté vers certains « francs-tireurs » (Vecchiali, Biette, Treilhou, Zucca, Guiguet, Frot-Coutaz, Davila) dont je ne connais que très peu l’œuvre (pas eu l’impression d’avoir vu leurs bons titres, d’ailleurs).
Et donc, ce n’est que dans un second temps que je me souviens que les années 80 m’avaient tout de même offert de belles comètes.
D’abord six claques dans la gueule, plus que ça, de vrais jalons dans ma cinéphilie :
Thérèse (Alain Cavalier 1986)
Maine Océan (Jacques Rozier 1986)
Mauvais sang (Leos Carax 1986)
A nos amours (Maurice Pialat 1983)
De bruit et de fureur (Jean-Claude Brisseau 1988)
Mon oncle d’Amérique (Alain Resnais 1980)
Ensuite, deux sortes de classiques :
L’argent (Robert Bresson 1983)
Les nuits de la pleine lune (Eric Rohmer 1984)
Elle a passé tant d’heures sous les sunlights (Philippe Garrel 1985)
Le pont du Nord (Jacques Rivette 1981)
Sans soleil (Chris Marker 1983)
Et un film vraiment à part :
L’ange (Patrick Bokanowski 1982)
La femme d’à côté (François Truffaut 1981). Je sais bien que c’est limite blasphème de ne pas le mettre plus haut, mais mon souvenir reste tout de même vague (vu à la télé, il y a plusieurs années).
Je vous salue Marie (Jean-Luc Godard 1985). Assez ébloui durant sa première demi-heure (variations sur la création artistique, scientifique, biologique), mais si j’ose dire, j’ai l’impression que Godard pose ici (tout comme dans Puissance de la parole, court de 1988 dont il est assez proche) des jalons stylistiques qui me paraîtront nettement plus aboutis dans plusieurs titres de la décennie suivante (Nouvelle vague, JLG JLG).
Tenue de soirée / Trop belle pour toi (Bertrand Blier 1986 et 1989)
Double messieurs (Jean-François Stévenin 1986)
Coup de torchon (Bertrand Tavernier 1981)
Et puis, enfin, me revient en post-scriptum, le récurrent film "je me demande encore comment j'ai pu l'oublier". Pour ma part, il s'agit de Empty quarter, une femme en Afrique (Raymond Depardon 1985), douce claque dans la gueule et surtout délicate et hybride expérience singulière (fiction ? documentaire ? journal filmé ?) qui me touche d'autant plus que j'y perçois de subliminales réminiscences personnelles.
Bon, elles étaient pas si mal ces années 80, finalement, ces années qu'on adore honnir, même si on y a -presque- tout appris. (photogramme : La personne aux deux personnes 2008).
dimanche 12 avril 2009
OSS 117 peut aller se rhabiller
Tout ce fric, c'est indécent...
vendredi 3 avril 2009
Rien à voir ?




