samedi 11 octobre 2008

Amours


Pour dessiner l'amour, il faut être deux...

Mais deux fois le même ?
Ou plutôt deux qui ne font qu'un ?
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Pour dessiner l'amour, il faut se perdre dans la pelote de sensations contradictoires qui nous assaillent au moment de la première fois, quand on est sans repère face à l'amour...



Pour dessiner l'amour, il faut chercher, chercher, tester toutes les combinaisons...

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... avant de trouver les beaux accords...

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Elles ont à voir avec le dessin et la musique, les scènes d'amour dont je me souviens vraiment dans le cinéma récent. Avec le dessin pour leur quête du trait juste pour représenter les profils des corps et des visages. Avec la musique pour leur sens du tempo et le discret lyrisme qui les habite.

Dessiner l'amour, c'est aussi savoir explorer, comme chacun de ces extraits, trois accords sentimentaux : l'initiation, l'imbrication et la fusion.
L'amour, un moteur à trois temps ? 

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Figure 1: Big Fish (Tim Burton 2004)
Figure 2: En chair et en os (Pedro Almodovar 1997)
Figure 3 : Paranoid Park (Gus van Sant 2007)
Figures 4 et 5 : My own private Idaho (Gus van Sant 1991)

3 commentaires:

cioran a dit…

Ca donne envie de revoir My own private Hidaho. Van Sant faisait alors des fims avec de la chair , de la sueur et du sang. Aujourd'hui ça suinte de cérébral (sauf peut-être le dernier Paranoïd Park)

Joachim a dit…

Cher Cioran
Content de vous voir revenu d'outre-tombe et de savoir que ces pages stimulent à nouveau votre plume.
Pour "My own private Idaho", je me suis aussi demandé si, Gus van Sant, n'esquivait pas la difficulté à filmer l'amour physique, les corps en action, d'où cette suite de tableaux immobiles et presque désincarnés. En même temps, il esquive cette difficulté avec un certain humour, je trouve. Cet art de l'esquive est aussi présent dans la scène de "Paranoid Park" où l'acte est expédié mais où l'on prend le temps de s'apesantir sur la texture des cheveux, de fugaces impressions tactiles et épidermiques que le cinéma exacerbe.
Pour ma part, je trouve que les derniers films de Gus van Sant se situent au croisement exact du cérébral et du sensuel (mais si la sensualité est davantage à chercher dans les mouvements de caméra ou le rythme du montage que dans les corps).
Par rapport à "My private...." on peut regretter qu'il ait perdu son amour du dialogue et de la théâtralité assumée. J'aime vraiment beaucoup les grandes déclamations shakespeariennes de ce film-là.

D&D a dit…

Bonsoir Joachim,
Ma foi, j'ai du retard à rattraper par chez toi :-)
Même sentiment que toi quand à "l'esquive" chez Van Sant. En fait, je trouve ses films beaucoup plus sensuels depuis "Elephant"...
Mais j'aime bien l'ouverture que ton billet génère.