jeudi 21 mai 2009

Amour et bonne santé

Chanson d'amour et de bonne santé. De loin, le plus beau titre de tout le Festival. C'est celui d'un court-métrage de Joao Nicolau présenté à la Quinzaine (mais que j'ai pu voir avant sa présentation officielle demain, grâce aux bornes du short film corner). Amour et bonne santé, comment refuser dans ce festival où l'on croise plus que de coutume, mutilations, châtiments et lacérations... Et donc le film de Nicolau, touchant et ludique autoportrait qui se plaît à travers scénographies minimales et pince-sans-rire (un film qui arrive à transformer une galerie commerciale triste à pleurer en lieu où l'on rencontre l'amour ne peut pas être mauvais), à traquer le point de conjonction entre l'oisiveté et la créativité, entre l'impassibilité et le bouleversement intérieur, entre la fatigue et la jubilation sentimentale.

Chanson d'amour et de bonne santé. Once again. Ce pourrait être, également, le titre du dernier Resnais, inséparable de son proverbial accoutrement de sphinx impérial et malicieux : lunettes noires, chemise rouge et baskets blanches.

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Difficile de définir le charme de ces Herbes folles et surtout l'impression (dissemblable forcément dissemblable dirait l'inspiratrice d'Hiroshima mon amour) qu'il procure à chacun de ses spectateurs.

Bon, je pourrais dire, pour aller vite que c'est le meilleur de la comédie sophistiquée (entre Shop around the corner, The ghost and Mrs Muir, Elle et lui) revisité par Nathalie Sarraute (le travail sur les impasses du langage, les hésitations et mots qui échappent).

Je pourrais dire, aussi, que pendant la projection des Herbes folles, je ne cessais de me fredonner intérieurement cette chanson :

... cousine du film par son impeccable tempo mais aussi de motif : cette accumulation d'indécisions, de choses qui pourraient advenir mais ne se poursuivent pas vraiment, ces projections mentales qui ne sont pas encore de l'action mais qui sont plus que de la velléité. Le film, en son entier, vogue dans cette somme d'embryons et de pistes ouvertes qui au final génère bien plus qu'une simple illustration psychanalytique, une pelote d'affects, d'images et d'émotions qui continuera longtemps à hanter la mémoire du spectateur.

Bon allez, en attendant la suite, pour tout le monde, amour et bonne santé !

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