mardi 1 avril 2008

Un poil de douceur dans ce monde de brutes

Les rudiments du cinéma (le flip book)
+
le tout premier effet spécial (la persistance rétinienne)
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Un vrai film "rayon de soleil".


Et puis quand on regarde comment c'est fait, on se demande encore comment on n'a pas eu l'idée plus tôt.

Dans le même genre, la plus belle image que j'ai vue sur le Net depuis longtemps (via là et là aussi) :

Auteur anonyme, apparemment... Quelqu'un en sait plus ? Alors que cette personne a non seulement renvoyé Rencontres du troisième type (Steven Spielberg 1979) à son bric-à-brac bruyant, mais a, en plus, réalisé la photo parfaite, qui ne pouvait être prise qu'à cette seconde là. En même temps, puisqu'en matière d'image, nous vivons dans l'ère du soupçon, se pourrait-il que tout cela ne soit que du photoshopage, que rien ne soit réel, ni le graffiti, ni le triangle de lumière juste en dessous, ni le gamin qui regarde interloqué? Non, je n'ose pas y croire... Sinon, pour un éventuel indice, le bâtiment ressemble à du Tadao Ando.

5 commentaires:

Edisdead a dit…

Photo géniale effectivement. Mais comme tu le dis, dès que l'on voit quelque chose de ce genre sur notre écran, on se pose tout de suite après la question du trucage. L'image numérique réussit cela : faire naître dans le même temps la poésie et le soupçon.

meumeu a dit…

Faire naître la poésie, c'est tout ce qui compte. Le soupçon envers la poésie c'est quelque chose de bien arrogant...

Joachim a dit…

Pas un soupçon, mais juste une interrogation... Ce genre de photo, c'est l'apothéose de "l'instant décisif" (à la Cartier-Bresson) alors permets-moi juste de penser que si cet instant a duré plus longtemps et a nécessité plus de manipulations que le simple clic de l'appareil, c'est juste un tout petit peu moins magique...
Sinon Meumeu, j'aime aussi beaucoup la concision et la sincérité de ton blog (que je n'avais toujours pas mis dans mes liens, mais ça ne saurait tarder)... et puis, j'ai découvert hier que nous avions une connaissance commune (qui lui aussi avait mis cette photo en fond d'écran)... mais tu seras plus éclairé au détour d'un prochain post...

Vincent a dit…

Ca me fait pourtant penser au fameux "baiser de l'hôtel de ville" dont le charme poétique réside (résidait ?) dans quelque chose d'instantané, de saisi au bon moment, et qui s'est révélé quelque chose de fabriqué. Pourtant, c'était bien avant le numérique. Est-ce qu'il y avait alors soupçon ? Est-ce que finalement c'est vraiment un problème ?
Came fait du coup penser aussi à la discussion sur cette photographie de Capa pendant la guerre d'Espagne du gars qui tombe pendant un assaut. Joué ou pas joué ?

Joachim a dit…

C'est sans doute du coupage de cheveux en quatre, mais chez Doisneau ou chez Capa, il y a une vérité de la présence des corps, bien plus forte que le fait de savoir si c'est "joué" ou "naturel".
Dans le cas présent, le phénomène saisi (le dessin d'une ombre sur un mur juste sous le graffiti) est purement naturel et ne dure que quelques secondes. C'est précisément ce qui fait sa beauté et sa valeur. Je ne pense pas du tout que la photo soit truquée, mais j'ai juste évoqué l'idée (qui m'est venue dans un second temps) d'un trait de lumière "arrangé" en numérique. Ce n'est pas une volonté de procès d'intention de ma part, mais une hypothèse, une spéculation... mais qui n'enlève effectivement rien à la grande beauté et pureté de l'image.... dont je ne sais toujours pas qui est l'auteur, soit dit en passant.