dimanche 30 novembre 2008

L'homme révolté

Perversion ou mécanisme de défense devant l’insoutenable ? Est-il possible de trouver des similitudes entre les images insoutenables d’Abou Ghraïb (à gauche) et les happenings issus du body-art ou des actionnistes viennois (à droite) ?

Ce déplacement du regard, Hunger (Steve Mc Queen 2008), récit par le menu de la grève de la faim (grève de la personne irais-je jusqu’à dire) de Bobby Sands, l’assume tant le corps y est clairement montré aussi bien comme « instrument » politique que comme « matériau » artistique. Le film indéniablement éprouvant et impressionnant carbure à la performance dans les trois sens du terme : au sens sportif (endurance de l’étiolement des corps), au sens cinématographique (le fameux dialogue en plan-séquence de plus de 20 minutes au mitan du film) et enfin au sens « art contemporain » (succession de séquences comme autant de dispositifs indépendants).

Et comme devant toute performance aussi nettement exhibée, les interrogations ne peuvent s’empêcher de s’inviter dans l’œil du spectateur : puissance ou complaisance, regard souverain ou cinéma à l’estomac ? Plutôt que de trancher, optons pour une voie biaise qui nous fait considérer le film hors de son contexte, presque hors de son propos. Car, bien que très nettement ancré dans une époque et une question, le film s’offre même le privilège de déborder au-delà de son propre système pour conquérir une dimension philosophique assez inattendue.

On peut faire la grève d’à peu près tout, sauf d’être, dit le philosophe palicien, mais pour qui choisit de faire la grève de tout (y compris de porter des habits et de se laver), que trouver au bout du dénuement ? Et bien, la révolte, la révolte comme seul habit, seule nourriture et, j’irais même jusqu’à dire, seule hygiène de ces corps suppliciés. C’est à un homme ontologiquement révolté, un homme à qui la révolte demeure aussi nécessaire que l’air qu’il respire que nous confronte Hunger.  Et un tel face-à-face ne laisse pas indemne… pas plus que ne laisse indemne ce que nous délivre in fine le film: on peut donc faire la grève d'à peu près tout, sauf de la révolte...

Pour autant, cette révolte si âprement conquise n’est-elle pas le plus embarrassant des trophées ? Que faire de cette « énergie » ? Energie constructive ou destructive ? Canalisable ou indomptable ? Seul affect à guider les corps, n’entraîne-t-elle pas une jouissance paradoxale, comme l’attesterait un fugitif regard caméra doublé d’un sourire extatique que nous adresse Bobby Sands malgré son corps tuméfié et roué de coups lors de séances de « corrida humaine » filmées comme autant de rites païens toujours ordonnés sur une mise en scène du sacrifice.

Au terme du sacrifice, c’est tout de même la révolte qui a gagné : la carcasse corporelle n’est plus autre chose qu’une dérisoire enveloppe à cette force insurrectionnelle. Mais puisque ce feu n’est plus capable à terme que de dépense improductive (quoi faire d’autre à part réduire en miettes, l’intérieur de la cellule),  autant sacrifier cette part maudite (cette carcasse ramenée à sa part la plus triviale) puisque l’idée transcendera toujours la matière et pourra elle, sortir des murs de la prison et des corps des insurgés.

Rondes de l’extase et de la souffrance organisées selon les règles d’une société secrète, esthétisme de l’abjection corporelle, rites sacrificiels, liturgie inverse, part maudite, dépense improductive, autant de concepts et de motifs hérités d’un certain auteur sulfureux mais fascinant. Autant dire qu’avec Hunger, nous tenons bien la première et la seule adaptation (involontaire ?) de l’écrivain réputé le plus impossible à transposer à l’écran : Georges Bataille... 

...dont d'ailleurs la couverture (dessin d'André Masson) de sa revue Acéphale...

... présente certaines similitudes avec les images du haut, mais bon, en même temps, tout ça, c'est que des images, je ne sais pas s'il faut en tirer tant de conclusions que ça.... 

mercredi 26 novembre 2008

Quels imprudents !


Comme il est dit, chanté, psalmodié par Bashung dans son album éponyme, l'imprudence, c'est ce qui fait débuter une histoire d'amour...

Alors, derrière Vicky Cristina Barcelona (Woody Allen 2008) et Two lovers (James Gray 2008) quelles imprudences ?

« A l’avenir, laisse venir l’imprudence… »

Cette phrase de Bashung, on croirait la lire dans les pensées et sur le visage de Vicky (Rebecca Hall) sur le tout dernier plan du film d’Allen… film indéniablement agréable comme une invitation dans une villa catalane, mais peut-être un peu trop « impeccable mécanique et poutres apparentes ». Est-ce moi qui avec ce cinéaste suis passé de l’amour passion à l’amour raison ? J’ai désormais l’impression de devoir produire un certain effort pour apprécier ses films qui auparavant emportaient une instinctive adhésion. Quoi qu’il en soit, depuis Anything Else (2003), il m’apparaît qu’Allen s’échine à théoriser et à illustrer, avec méthode mais non sans brio, un mélange des genres et des tons qui paraissait si naturel chez lui auparavant et sur lequel il avait surtout l’élégance de ne pas insister. Que l’on se souvienne des tons indécidables de Broadway Danny Rose, d’Hannah et ses sœurs,  de Crimes et Délits, de leur coexistence du burlesque pur et de la vérité affective , que l’on se souvienne des si surprenants revirements sentimentaux de Manhattan (la façon dont il parvenait à nous rendre  le personnage de Diane Keaton, légèrement imbuvable puis finalement adorable au sens propre), que l’on se souvienne de tous ces miracles et ces aventures de Constance et Frivolité en Catalogne paraissent soudain une élégante, habile et articulée démonstration, mais démonstration tout de même… qui plus est, d’un programme énoncé dès son ouverture.

A l’énoncé de son pitch (un vieux jeune homme tenaillé entre l’amour raison et l’amour passion), Two lovers sent lui aussi le théorème filmé, et l’on pourrait craindre les personnages typifiés, l’arbitraire des situations et l’explicite du conflit, autant d’écueils que j’avais cru voir dans La nuit nous appartient (mais bon, en même temps, j’étais l’un des seuls à renâcler devant ce film). Par quel miracle, des présupposés aussi théoriques peuvent-ils donner lieu à l’une des œuvres les plus habitées, les plus vibrantes vues depuis longtemps sur un écran ? Difficile de répondre tout net, mais revenons peut-être à cette fameuse imprudence. Déjà parce que le sujet apparent de Two lovers, c’est apparemment la difficulté, voire l’impossibilité, à sortir des rails et des choix du clan.

Mais aussi, parce qu’une fois posé ce premier postulat, ce que montre le film avec une incroyable acuité, c’est finalement que ce combat pour sa propre liberté est vaine, cette imprudence est impossible, non pas tant à cause de tutelles extérieures (la famille, la morale, la culture), mais précisément parce que  passion et raison apparaissent comme les deux faces d’une même médaille pourtant chèrement conquise. 

Si le film de Gray est aussi fort, c’est bien parce que les dilemmes pèsent en permanence tout en n’étant pas personnifiés par des figures porte-parole (ce qui est un peu la tendance d’Allen). C’est le sentiment lui-même qui est bipolaire et traverse des corps meurtris et des esprits fragilisés par l’après-coup. Même s’il y a deux femmes magnifiques de dignité, il n’y en a pas une pour incarner l’amour raison et l’autre l’amour passion. Au contraire, en scrutant les joies comme les ravages de la naissance de l’amour dans un corps lourd et meurtri (celui de Leonard – Joaquin Phoenix), en montrant les deux faces du sentiment, la curative (redécouvrir les sentiments après un premier trauma) comme la pathogène (tomber amoureux de la voisine) le film ne cesse de déjouer des schémas a priori archétypaux, quand bien même quelques rebondissements scénaristiques n’y vont pas avec le dos de la cuillère. J’en veux pour preuve la façon dont survient ce baiser... 

... à la fois programmé par le récit (récit qui est aussi celui des parents de Leonard) mais totalement inattendu dans ce qu’il révèle de l’intimité des personnages. Et si finalement, ces surprises permanentes, cette avidité à être surpris par l’autre, ce n’était pas ce que recherchait avant tout Leonard, qui semble avoir trouvé sa devise  dans ce poème :

AMOUR

Etre

Le premier venu.

(René Char 1949)

Poème dont la simplicité désarmante sert pourtant une infinité de sens, exactement comme le film de James Gray.

Leonard n’est-il pas, au fond, avide de cristallisations avec ces « premières venues » : celle promise par ses parents puis sa voisine de palier ? Car plus spécifiquement qu’un dilemme amoureux (et condamné), le film raconte l’impossible coexistence de deux rencontres simultanées. A l’imprudence, qui serait l’étincelle de l’histoire d’amour, se grefferait donc l’impatience à reproduire ces si précieux moments, si souvent dédoublés dans le film.

Et c’est de cette impatience qu’il faut faire le deuil au dénouement du film. Dénouement tragique, mais résonnant d’une ambigüe réconciliation avec ses propres imprudences et impatiences, désormais anesthésiées.

« Nous vieillirons ensemble… », c’est bien ce que l’on croit lire dans les pensées et sur les visages de Leonard et Sandra à la fin de Two lovers. Quelque part, les personnages n’avaient pas le choix. Si ça peut les consoler, ils verront bien dans Vicky Cristina Barcelona que quel que soit le degré de liberté sentimentale que l’on s’accorde, l’insatisfaction pointe.

***

Sur le Woody, certainement le film le plus discuté sur les blogs, on peut aller voir les dithyrambes, et là et, les réserves, les flinguages et , et un peu plus de pondération, ...

Pourquoi la crise ?

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La réponse sur des affiches publicitaires à Orly, le 24 novembre.

jeudi 20 novembre 2008

Jungle fever

Maintenant que Jacques Rozier, le contrebandier le plus poétique du cinéma français vient de se faire coffret, il livre enfin quelques uns de ses secrets les plus enfouis, tel que cette fugue cinématographique de ses débuts :


Rentrée des classes (court métrage de Jacques Rozier 1955)

Une échappée dans la souveraineté de la nature, filmée ici comme un palace végétal dont les dédales sont une invitation à la perdition. Et puis une confiance dans le cinéma telle qu'elle nous dit peut-être simplement qu'un oeil de cinéaste, c'est celui qui transforme le naturel en merveilleux. Cette confiance et cet oeil pour peindre le face à face de l'homme et de l'état sauvage, ça me rappelle les traits d'un autre cinéaste :


Tropical Malady (Apichatpong Weerasethakul 2004)

mercredi 19 novembre 2008

Les icones

Tandis que Cinéma Cinémas revit, son enlumineur s'éteint...

Derrière l'écume de la mythologie rock et cinéma sur lesquelles elles paraissaient surfer, les images de Guy Peellaert (1934-2008) nous parvenaient surtout comme autant de fragments de films imaginaires.

vendredi 14 novembre 2008

Tous des Indiens !

Dedans, dehors, la maison et le grand cirque contemporain.

En haut: Home (Ursula Meier 2008)
En bas: Tous des Indiens (spectacle d'Alain Platel et Arne Sierens 1999)

Une famille au bord d’une route désaffectée qui devient un jour autoroute. Les grands espaces, une route infinie, une meute humaine qui doit défendre son bout de territoire menacée par l'arrivée de la civilisation, Home (Ursula Meier 2008) a tout du western post postmoderne. Sauf qu'ici,  le pavillon de banlieue a remplacé le saloon, qu'il n'y a pas de cowboys et qu'on ne quitte pas le point de vue d'une improbable famille dont l’implantation au bord de voie rapide tient aussi bien de l’installation des Pionniers (la maison en planches face à l'immensité du territoire à conquérir) que de celle des Indiens (un clan vissé à un recoin du paysage, recoin qu'il refusera de quitter coûte que coûte).

Une grande route pour un huis clos, Home est tout entier placé sous le signe oxymoral du "road-movie immobile. C’est que le film fait son miel de toutes les collisions spatiales et affectives dans un lieu à la fois étendu et ramassé. En cela, sa démarche trouve un écho tout autant du côté de la scène que du cinéma. 

Outre son décor qui déjà évoque un fantasme de scénographe dadaïste, il y a un plan plutôt bref qui m’a rappelé d’autres souvenirs scéniques. Le gamin qui cherche à traverser la route, fraichement asphaltée, qui trempe ses doigts dans la peinture à peine sèche et qui se dessine des peintures de guerre sur le visage. Restons au bord de la route, mais traversons avec des ruses de Sioux.

Tous des Indiens ! donc. Mot d'ordre du film qui était le titre d'un spectacle d’Alain Platel et Arne Sierens au théâtre des Abbesses en 1999. Deux maisons en taille réelle posées sur la scène et le fatras des vies ordinaires, mais vues, de manière interstitielle, par les fenêtres et les portes entrouvertes. Chez Platel comme chez Meier, tout se devine par les embrasures de l’espace comme par les jointures entre rudesse et tendresse. Le spectacle de Platel était indéniablement œuvre de chorégraphe même s’il était « non dansé ». Et de fait, même s’il n’y a pas de danse dans le film d’Ursula Meier, il y a, à n’en point douter, une recherche de la friction des corps, des gestes et des déséquilibres. Et puis, chez l’un comme chez l’autre, ce même art de l'accumulation, cette même saturation ludique de l’espace avec du mou, du plastique, du consommable, des objets et des matières triomphalement clinquantes mais d’une vulgarité transcendée. Façon comme une autre de faire un sort à la trivialité du (quart) monde tout en faisant triompher la vitalité des garnements.



Pour donner une idée de Platel, un extrait de Wolf (2003)...

mercredi 12 novembre 2008

L'Histoire de France pour les nuls


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Jacques Villeret et Pierre Richard dans Les Naufragés de l'île de la tortue (Jacques Rozier 1976)

jeudi 6 novembre 2008

Seuls au monde ?


D’une sagesse confondante dans sa forme d’enfilade de vignettes troussées au stabilo, Coluche l’histoire d’un mec (Antoine de Caunes 2008) n’est pas un film très convaincant, mais en même temps la simple évocation de son sujet évoque quantité de questions stimulantes ( L’esprit « 68 anarcho-libertaire » est-il soluble dans le mitterrandisme ? La politique a-t-elle besoin des « hors-politiques » pour se réinventer ? Combien de minorités faut-il agréger pour constituer une majorité ?) sans doutes plus promptes à animer une disserte de Sciences-Po qu’une œuvre de cinéma.

Le film de De Caunes a au moins le mérite d’être le « premier film d’un (ex)comique sur un autre comique ». En ce sens, il dit, peut-être à son corps défendant, deux ou trois choses pas forcément commodes sur le « métier de faire rire ».

Pour Coluche, le passage de la scène à la tribune politique qui semble aller de soi. Avoir la France à ses pieds et galvaniser la foule, il sait faire… De comique à tribun, il n’y a qu’un pas… sauf que Coluche lui-même se prend les pieds dans le tapis de cette métamorphose. On peut rire des politiques mais sans doute pas avec l’engagement politique. D’où le constat amer au bout de sa parodie de campagne : l’idole populaire flirte avec un devenir d’ennemi du peuple. Métamorphose dérangeante, dont le film lui-même ne paraît pas trop savoir quoi faire, d’autant plus qu’elle cadre mal avec l’évocation du saint médiatique qu’il s’agit de ne surtout pas déboulonner (épilogue totalement inutile sur les Restos du Cœur).

Alors que nous dit ce film sur le métier de comique ?

Combien il jouit d’être seul en scène. Combien il se détruit d’être seul contre les autres.

Ce motif de la solitude du comique, on la retrouvait également, il y a quelques mois dans le cinéma français avec Seuls two (Eric et Ramzy 2008). Pour une fois qu’une comédie française nous offrait une idée « bigger than life » (un duo cartoonesque livré à lui seul dans un Paris désert), le résultat est-il à la hauteur ? A moitié, disons. Car au-delà de la force indéniable de certains moments (comment rater des séquences où Eric hurle seul face à Paris du haut de Montmartre et où Ramzy se motive dans le couloir du vestiaire du Stade de France avant d’entrer dans le stade vide), c’est la faiblesse de l’autre moitié du film, la « partie peuplée » (celle avec d’autres acteurs, il en faut bien) qui crève les yeux. Ces seconds rôles catastrophiques paraissent totalement étanches à l’esprit et au rythme insufflé par le duo vedette (en même temps, c’est un peu là-dessus que repose l’intrigue). Reconnaissons au moins à cette tentative de concrétiser un cauchemar fantasme du comique: rester seul en scène, mais n'avoir plus personne à faire rire...

... et surtout de tirer davantage vers la fable que vers la gaudriole. Et si fable il y a, quelle en serait la morale ? Ils ont voulu Paris vidé comme nouvelle scène et ils sont bien emmerdés quand ils se retrouvent seuls au monde ? Les comiques savent-ils partager ? Plus la scène est grande, moins les autres comptent ?

Cet élargissement de la scène comique, c’est aussi l’un des sujets de Lenny (Bob Fosse 1974). Ce « Citizen (Lenny) Bruce » a un Rosebud bien particulier : pas tant un secret intime qu’une constante interrogation inquiète : « jusqu’où suis-je obligé d’aller pour faire rire ? ». De fait, rire et transgression vont de pair et le comique est le seul qui ose franchir ce Rubicon. De fait, le one man show se poursuit devant les tribunaux. Les procès deviennent plus drôles que les spectacles, eux-mêmes vidés de leur substance comique car remplacés par des lectures des actes du procès plus drôle et obscène que le spectacle qu’il était censé incriminer. Discours contre discours. Réversibilité de la parole de la loi, plus bouffonne encore que celle du bouffon. Cette réversibilité est accentuée par la mise en scène très « isolante » de Fosse. Succession d’extraits de one man show, d’interviews, de confession face caméra, rareté des scènes de groupe. C’est en fait une succession de paroles isolées et étanches entre elles que le film met en scène. Les postures de Lenny, lui-même, rappellent alternativement celles du prêtre...

... puis du juge ...

... pour finir par celles du boxeur qui livre le combat de trop. 

Alors que nous dit le film sur le comique ? Qu’il exerce d’abord une fonction civique avant de finir livré en pâture à celle-ci ?

Où va le comique, de toute façon ? Là où personne ne pourra le suivre. Où va-t-il se réfugier ? Sur la lune. Man on the moon (Milos Forman 1999). Car contrairement à l’adage, le comique sait bien que les plaisanteries les plus longues sont les meilleures, que ce n’est pas en faisant rire tout de suite que l’on obtient le rire le plus ravageur. Cet éloge du comique de la durée, de l’étirement et de l’exaspération propose un dénouement, certes sentimental, mais beau pied de nez à la mort, elle-même incapable de mettre fin à la plaisanterie.

Que nous dit Andy Kaufman dans cette séquence : là où je suis le mieux, c’est là où vous ne pourrez pas me suivre. Qu’est-ce qu’un comique alors ? Quelqu’un qui dit : je suis avec vous, mais de l’autre côté ?

***

La vignette du haut est tirée de l'Accablante apathie des dimanches à rosbif, BD de Gilles Larher et Sébastien Vassant inspirée du destin de Desproges et dans la veine émouvante et légèrement misanthrope de son modèle.

mercredi 5 novembre 2008

Chef d'oeuvre (?) en péril

Joli clin d'oeil scénographique au milieu de cette exposition :

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Confrontation d'une respiration bienvenue sur les toits de Paris et d'un slogan iconoclaste appelant à en finir avec les cartes postales. Alors, Paris brûle-t-il ? 

samedi 1 novembre 2008

Le jour des morts

Les toutes dernières pages d' Extrêmement fort et Incroyablement près (Jonathan Safran Foer 2005)  ...
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... me paraissent sous le signe de la même pudeur douloureuse que les toutes premières images d'Une femme douce (Robert Bresson 1969).

et pour le même extrait en plus long...

Même façon de prendre frontalement la représentation de l'insupportable pour mieux faire dévier les images scandaleuses vers l'abstraction. Plutôt que d'insister sur la chute libre, cette façon de se focaliser sur ce flottement, cette tenace résistance à la gravité, ce point persistant dans les airs, c'est aussi donner une réprésentation au souvenir des disparus, comme un point ténu mais en perpétuelle suspension dans nos mémoires.